spacer spacer
Opening
by Kevin Dolgin
estimated
reading time

6:00
spacer
spacer
Autrefois, il y avait un pont entre Paris et New York. Il reliait la 8ème rue de Manhattan à Saint Germain des Prés. C'était un pont très long, bâti de verbes, de noms, d'adjectifs, et d’adverbes ici et là. Il fallait une éternité pour le traverser mais l’on trouvait en chemin assez de cafés pour étancher sa soif et apaiser sa faim.
 
Peu après la seconde guerre mondiale le pont s'est effondré. Ses derniers vestiges n'ont disparu que tout récemment, abattus par de sinistres ouvriers armés de « frites de la liberté ». De nos jours, pour se rendre à Paris de New York, il y a des avions. Un moyen de transport bien moins romantique sans compter le risque d'être assis à côté de quelqu'un qui, ayant justement mangé beaucoup trop de ces frites de la liberté, déborde sur votre siège et vous ronfle dans l'oreille...
Au bout du compte, il reste pas mal de circulation sur l’axe Atlantique ouest-est grâce aux auteurs américains qui emboîtent le pas à Lindbergh et se font publier en France. Les Français nourrissent un amour profond, sinon une fascination, pour Paul Auster, et notre cher Bruce Benderson—que vous pourrez lire prochainement dans Opium !— a su lui aussi séduire la France. Malheureusement, rares sont les écrivains qui font la route en sens inverse, notamment parmi la nouvelle génération. Il est vrai qu’un des romans de Philippe Djian a été traduit et ceux de Michel Houellebecq paraissent en anglais- bien que celui qui a traduit Extension du domaine de la lutte en Whatever* nous doive une sérieuse explication (!) Mais peu ont cette chance.

A propos des revues littéraires.
Il y en a en France, bien sûr, mais elles publient globalement moins de nouveaux écrivains. Dans le monde anglo-saxon, les jeunes écrivains se font les dents en écrivant des nouvelles pour des revues littéraires : ils se jettent dans l'arène, y peaufinent leur technique et apprennent à dépasser leurs limites. Ce n'est qu'après ces (joyeuses) épreuves qu'ils se lancent dans le roman. En France, la nouvelle est une forme littéraire bien moins développée (et pourtant c'est le pays qui a vu naître Maupassant !). Souvent, les écrivains commencent par un roman, l'envoient aux maisons d'édition et attendent dans la douleur de voir ce qu’il adviendra de leurs textes...
D’où, donc, l’intérêt de lancer une revue franco-américaine, une revue qui permettra aux jeunes auteurs français et américains d'être publiés et traduits dans les deux langues et à des auteurs plus confirmés de s'adresser à un nouveau public, ou de s'essayer à des prouesses sur un autre support. 
Opium Europe publiera des textes en français et en anglais. Nous sommes à l’affût de contributions en provenance de toute l'Europe. Comme Opium US, Opium Europe paraîtra sur deux supports : site internet (que vous semblez avoir déjà découvert…) et édition papier (première parution en 2008). Sur nos pages, électroniques et papier, vous pourrez aussi bien lire des auteurs établis que des nouveaux talents, tous réunis dans une gigantesque orgie littéraire sans frontières…
Alors voilà, Opium Europe arrive au galop, sur son cheval blanc, prêt à contruire un nouveau pont ! Et cette fois-ci, pas de  "frites de la liberté" en vue ! Vous ne pouvez pas imaginer à quel point nous sommes ravis de faire votre connaissance et heureux d'avoir entrepris cette traversée !
*Whatever : n'importe quoi...



There used to be a bridge between Paris and New York.  It went, roughly, from somewhere around 8th street to St. Germain des Près.  It was damn long, built out of verbs and nouns and adjectives and (very few) adverbs.  It took ages to cross, but there were shops and cafés along the way in case you needed a drink or got hungry.

The bridge collapsed some time after the World War II, and the last vestiges were demolished only recently--beaten down by grim workers wielding freedom fries.  Now to go from New York to Paris there are airplanes, a far less romantic way to travel, plus there’s the risk of being seated next to someone who eats far too many freedom fries, who flows over into your seat, snores into your ear.

There is still a little traffic on the West-to-East route, as American writers follow Lindberg to be published in France.  The French have a deep love, if not fascination, with Paul Auster, and our beloved Bruce Benderson (who can soon be read in Opium) has had considerable success in France.  However, there is precious little flow in the other direction, particularly of “newer generation” writers.  True, Philippe Djian has had one book  translated, and Michel Houellebecq has been regularly translated (although whoever translated “Extension du Domaine de la Lutte” as “Whatever” owes us a serious explanation) and a number of others have seen some success in translation, but a whole slew of interesting French writers have precious little purchase on the West side of the pond.

And then there’s the question of literary magazines as a whole.  They certainly exist in France, but they are much less oriented toward new writers.  In the English-speaking world, writers tend to sharpen their claws writing short stories for lit mags; taking their lumps, learning their craft, stretching the limits.  Only then do they undertake longer works.  In France, the short story is a much less developed art form (and this, from the country that produced de Maupassant!).  French writers often begin with a novel, which they then send out to publishers and wait, hanging on their tenterhooks, to see what happens.

All of this cries for a Franco-American literary magazine, one that will allow young writers on either side of the Atlantic to publish and be read in both French and English, alongside more established writers who would also like to expand their audience, or simply show their verbal pyrotechnics in a new format.

Opium Europe’s storie will be published in both French and English, accepting submissions in both languages from anywhere in Europe.  Like its American progenitor, Opium Magazine, it will appear both in an electronic form (which you’ve apparently already discovered) and a print form – the first issue of which will appear in 2008.  On our pages – both virtual and physical – you’ll see established writers alongside undiscovered talent, both participating in an ocean-spanning celebration of borderless literature.

So Opium Europe has come galloping into that literary gap, riding on a white horse, bridge-building tools in hand, not a freedom fry in sight. Welcome. We couldn’t be more thrilled to have you; we couldn’t be more thrilled to have arrived.


Kevin Dolgin is the editor-in-chief and publisher of Opium Europe.
   
spacer spacer
Comments panel
spacer
No comments
 
Make your comments ...
Name    (required)  
Email    (required - will not be published)    
Comments
      

spacer    © 2007 Opium Magazine   | Privacy Policy  |  Terms and Conditions | Contact Us
spacer
Opium Art Opium Live Opium Den
Notes
spacer
Archives
spacer
Contest
spacer
Submit
spacer
Shop
spacer
spacer
spacer
Last five thing!
Opium Europe Begins... ...
Kevin Dolgin
Opening ...
Kevin Dolgin
Un soir à Toulon ...
Philippe Jaenada
How to Deal With ...
Julien Blanc-Gras
Black Box Beatles ...
C Claro
Small image